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Saint Nicolas, de Myre à la Lorraine
Antoine Taveneaux · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

Saint Nicolas, de Myre à la Lorraine

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IVe - XVIIe siècle

D'un évêque grec du IVe siècle dont on ne sait presque rien, l'Occident a fait le saint des enfants, des marins, des bateliers et des prisonniers. Le rapt de ses reliques par les marchands de Bari en 1087, puis l'arrivée d'une phalange de son doigt en Lorraine, ont donné naissance au plus grand pèlerinage du duché et à la basilique flamboyante que René II éleva après sa victoire de 1477. Le parcours suit la relique, les rivières marchandes et la fête du 6 décembre.

Un évêque dont on ne sait presque rien

Nicolas naît, dit la tradition, à Patare en Lycie, vers 270, dans une famille grecque et chrétienne ; il devient évêque de Myre, la cité voisine, et meurt un 6 décembre, vers 343. Voilà à peu près tout — et même cela n'est pas assuré, car aucun document du IVe siècle ne le nomme. Le plus ancien récit conservé, la Praxis de stratelatis, que les spécialistes datent entre la fin du IVe et le VIe siècle sans parvenir à s'accorder, le montre déjà en intercesseur : trois officiers de Constantin, condamnés sur dénonciation, sont sauvés parce que l'évêque de Myre apparaît en songe à l'empereur. Le reste s'ajoute lentement, chez Michel l'Archimandrite au IXe siècle, chez Syméon Métaphraste à la fin du Xe, puis chez les Latins. Une partie de ce qu'on lui prête appartient d'ailleurs à un autre homme : Nicolas de Sion, abbé près de Myre au VIe siècle, dont la vie s'est confondue avec la sienne.

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