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Les Vierges noires : majestés romanes, bûchers révolutionnaires et mystère de la couleur
Thérèse Gaigé · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Les Vierges noires : majestés romanes, bûchers révolutionnaires et mystère de la couleur

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Vierges en majesté des Xe-XIIe siècles ; noircissement attesté de la fin du Moyen Âge au XIXe siècle

Du Velay à la Beauce, de la Cerdagne à Marseille, seize sanctuaires où l'on vénère une Vierge en majesté au visage noir : statues romanes pour la plupart, brûlées ou sauvées à la Révolution, refaites au XIXe siècle. Ce que disent d'elles les textes médiévaux, les restaurateurs et les historiens — et ce qu'en a fait l'ésotérisme du XXe siècle.

« Je suis noire, mais je suis belle »

Dans la crypte de Notre-Dame-du-Port à Clermont ou de Saint-Victor à Marseille, au-dessus de l'autel de Rocamadour, au fond de l'église de Marsat, une petite statue de bois trône, raide, frontale, l'Enfant assis sur ses genoux comme sur un siège, et son visage est noir : une Vierge noire. Édouard Saillens, qui en dressa en 1945 le premier inventaire sérieux, en comptait deux cent cinq en France, dont beaucoup de copies de statues disparues. Sophie Cassagnes-Brouquet en compte plus de soixante en Auvergne et en Velay, une vingtaine en Provence, une douzaine en Roussillon, presque aucune en Bretagne. Ce sont, à quelques exceptions près, des Vierges en majesté romanes, ou leurs copies.

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