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Les pardons de Bretagne, sainte Anne et les fontaines
Pascal Dagnan-Bouveret · PD · Wikimedia Commons

Les pardons de Bretagne, sainte Anne et les fontaines

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Du minihi de Locronan (1031) et des indulgences de la fin du Moyen Âge aux grands pardons du XIXe siècle ; apparitions de Keranna 1623-1625

Un pardon, c'est d'abord une indulgence : le jour du saint, dans une chapelle précise, avec messe, procession, bannières, reliques, fontaine, feu de joie et lutte bretonne. De la Troménie de Locronan, qui fait le tour d'un ancien minihi, à sainte Anne, que le laboureur Yvon Nicolazic dit avoir vue en 1624, cette histoire relie les chapelles isolées de Basse-Bretagne. Elle dit aussi ce que les folkloristes du XIXe siècle en ont fait, et ce que les historiens en gardent.

Le mot et la chose

Le mot ne dit pas une fête, il dit une remise de peine. À la fin du Moyen Âge, l'Église accorde des indulgences à qui vient prier, à un jour fixé, dans une église déterminée : le pardon, c'est d'abord cette rémission-là, et le jour où on l'obtient a fini par prendre le nom de ce qu'on venait y chercher. En Bretagne, la pratique s'attache au jour du saint du lieu et se multiplie au XVe siècle, en même temps que les chapelles. Le noyau n'a jamais varié : une messe et une procession au dehors. L'ordre de marche est réglé comme un blason. En tête la croix de procession ; derrière elle la bannière du saint de la chapelle ; puis les croix et les bannières des paroisses voisines, qui sont venues « rendre visite » et qu'il faudra rendre ; enfin les reliques, portées à hauteur d'épaule, entourées du clergé. La foule suit en chantant, en breton, en latin, parfois en français.

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