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Brocéliande : comment une forêt bretonne est devenue arthurienne
Thérèse Gaigé · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Brocéliande : comment une forêt bretonne est devenue arthurienne

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Forêt de Brécilien attestée en 1145 ; Wace et Chrétien de Troyes vers 1160-1181 ; charte des Usemens en 1467 ; identification à Brocéliande de 1820 à 1896

Une forêt que les chartes appellent Brécilien, une fontaine qui fait pleuvoir pour le seigneur de Montfort, et deux romanciers du XIIe siècle, Wace et Chrétien de Troyes, qui l'ont rendue célèbre sous un autre nom. Comment, de Poignand en 1820 à Bellamy en 1896, les érudits ont posé Merlin, Viviane et le Val sans Retour sur les landes de Paimpont — et ce que les historiens en disent.

Une forêt dans les archives

Avant d'être la forêt de Merlin, la forêt de Paimpont a un nom, et ce nom n'est pas Brocéliande. La plus ancienne mention est de 1145 : le Chronicon Britannicum, chronique bretonne connue par des copies tardives, raconte qu'un hérétique, Éon de l'Étoile, un clerc du pays de Loudéac qui se croyait fils de Dieu parce qu'il entendait son nom dans le per eum des prières, brûle avec sa bande les cabanes des ermites « dans la forêt de Brecilien ». Éon est pris vers 1148, condamné au concile de Reims devant Eugène III, et meurt en prison. Voilà la première Brocéliande documentée : une forêt d'ermites et de pillards, sans roi Arthur.

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